Je ne fais pas de projet, on ne sait jamais !




Nous sommes en décembre, je passe le week-end avec des amis, dont une amie de longue date que je vois rarement. Elle habite Paris. J'habite Lyon. Au cours d'une discussion on décide de programmer un weekend ensemble à Lyon, pour qu’elle découvre enfin mon environnement (j’y suis depuis 4 ans). Je regarde mon agenda. Puisque nous sommes en décembre, que les fêtes approchent, et que c'est une période bien chargée, je lui propose de regarder les dates à partir du 10 janvier. Premier week-end, je ne peux pas, j'ai un engagement de longue date avec mon association. Deuxième week-end j'ai un mariage. Troisième week-end je suis à Paris, donc ce n'est pas le plan. Quatrième week-end je suis au ski (et oui j'habite à Lyon j'en profite)... bref je continue comme ça et j'arrive début mars. Et là elle me répond "Quoi, début mars ? Mais c'est dans beaucoup trop longtemps, ma vie a largement le temps de changer d'ici là. Non désolée je ne peux pas bloquer mon agenda dans si longtemps."


Je me suis demandée après si sa réaction était dû au fait qu'elle attendait de rencontrer quelqu'un ? Peut-être que faire des projets était difficile pour elle ? et qu'il fallait qu'elle soit disponible "au cas où". Je me suis dit aussi que nous n'avions pas la même notion du temps. Que 3 petits mois pour moi, pouvait sembler une éternité pour d'autres. Oui mais si on laisse le temps filer sans faire de projet, ne risque-t-on pas de passer à côté de notre vie ?


Pour les célibataires, ne pensez-vous pas que l'homme qui partagera votre vie sera beaucoup plus apaisé de savoir que vous avez vécu votre vie, fait des projets, dépassé vos limites avant de le rencontrer ? Plutôt que de savoir que vous avez attendu désespérément qu’il débarque. Qu’il vous « sauve (?) ». Dites vous bien que si un jour un homme entre dans votre vie, vous aurez tout le loisir de lui laisser la place. Tout le plaisir de "décommander" vos projets, vos formations, vos voyages et de vivre ce que vous aurez à vivre avec cet homme. De lui laisser de la place, parce qu’il sera là. Réellement là. Concrètement présent.


Vivre dans l'attente, voici un de nos problème. Une de nos souffrance. Pourquoi ne pas simplement accepter de vivre notre vie, accepter de faire des projets, de s'engager dans une association, dans des causes qui nous tiennent à coeur ? de tester des sports qui nous tentent ? de voyager ? de parler à des inconnus ? d’accepter un verre ? de se lancer dans une pièce de théâtre ? de mettre de la légèreté dans notre quotidien ?


Ce questionnement fonctionne pour toutes les femmes.


Prenons l’exemple d’une femme qui souhaitent avoir un enfant. Qui espère tomber enceinte, et qui nous dit : "on a très envie de partir en voyage en juin, mais tu comprends si je suis enceinte on ne pourra pas". Ah bon, parce que le fait d'être enceinte empêche de voyager ? Bon c'est vrai que si vous avez prévu l'ascension du Kilimanjaro ça risque d'être compliqué. Mais bon mettre sa vie entre parenthèse pour un "au cas où" c'est triste. J’ai envie de pousser la réflexion pour dire : F.A.I.T.E.S D.E.S P.R.O.J.E.T.S. Vivez vos vies. Allez voir des personnes que vous ne voyez jamais. Et si jamais cette amie « tombe » enceinte, qu’elle rencontre quelqu'un ou qu’elle change de job, et bien elle gèrera !