J'ai mes critères, mais j'ouvre mes horizons



Quand je suis arrivée à Lyon, après plusieurs années à Paris, j’ai eu l’impression de respirer. De voir le ciel. De simplifier mon quotidien. De ne plus être dans le speed des transports. Comme si ma vie changeait radicalement. Alors que j’avais simplement quitté Paris, pour une grande ville. Telle une parisienne arrivant en province.

Ce qui m’a le plus marqué, c’est un jour en marchant dans la rue. Cela faisait quelques semaines que j’habitais à Lyon. Je marchais d’un pas assuré. Et là je me suis sentie idiote. Je marchais très très vite. Je marchais comme à Paris. Comme si j’allais perdre une minute de mon temps si je n’accélérais pas. Je me souviens de cette prise de conscience. De m’être arrêtée en pleine rue. Et m’être sentie complètement ridicule. Puis j’ai repris ma marche dans une cadence normale. Plus lente.


Le monde dans lequel nous vivons est un monde où nous ne savons plus goûter au temps. Nous sommes dans une temporalité de l’immédiateté. Nous n’arrivons plus à apprécier les choses. Nous sommes déjà en train de penser à l’après. Sans goûter à l’effort. Sans accepter le temps. Sans être patiente. Sans accueillir l’attente.


Dans notre monde, dans notre société, quand une chose ne convient pas, on zappe. On vit une belle histoire, mais quand il n’y a plus d’émotions, on zappe. Alors que la construction du couple met du temps. Si on commence une histoire d’amour, on va vouloir se projeter rapidement dans le futur. Dans un engagement ou un avenir à deux. Et si ça ne fonctionne pas tout de suite, on zappe. On ne se bat plus. Et on cherche autre part. Très rapidement. Trop rapidement. Car la carte d’identité de la personne qui est en face n’est pas la bonne. Selon la carte que nous avons établie dans notre tête. Selon le schéma que nous avons dessiné. Alors que c’est une chance E.X.T.R.A.O.R.D.I.N.A.I.R.E de pouvoir avoir ce temps. De pouvoir prendre le temps de vivre, goûter à la connaissance de l’autre, à la connaissance de soi. Et creuser.


Il y a des femmes célibataires, qui à chaque fois qu'elles rentrent dans une pièce passent systématiquement par la phase de "check" ! Elles regardent de bas en haut l’ensemble des hommes présents en se demandant "lequel peut convenir" ? Lequel au premier regard semble correspondre à mes critères ? Lequel semble avoir de l’intérêt ?

Mais dans cette situation, où est la liberté de la femme et de l’homme ? Et où est l’amour si ces femmes ont une check-list déjà prête ? Car en "voyant" un homme, on ne peut pas savoir s’il "conviendra". Cette check-list, les femmes sont capables de la dégainer, et de poser des "non" rédhibitoires très, même trop facilement. Car "l’homme avec qui je parle n’a pas assez ça ou n’est pas assez comme-ci".


Imaginez. Vous êtes en train de parler avec un homme. La conversation se passe bien. Vous avez beaucoup de points en commun. A un moment, il vous demande votre âge. Vous répondez "38 ans". Et vous sentez que vous avez fait une bourde. Quelques secondes plus tard, il trouve une excuse et quitte la conversation.


Qu’est-ce que ça vous fait ? Qu’est ce que vous ressentez ? Vous aimeriez qu’on vous juge et qu’on vous mette dans des cases car vous êtes trop âgée, trop grande, que vous n’avez pas tel niveau d’études ou que vous ne venez pas de tel milieu ? Cela vous est peut être déjà arrivé, et dans ce cas, je pense que cela a dû être terriblement douloureux. Mais alors ne le faites pas aux autres. Chaque personne a une sensibilité, un humour, une vision de la vie qui lui est propre. Chaque personne a quelque chose à vous apprendre, à vous apporter.


Un check et un "non" rédhibitoire ne peuvent pas nous aider à connaître l’autre. A rencontrer une personne qui nous corresponde. Car dans cet exemple, nous nous focalisons sur une première impression. Sur une attitude. Un physique. Vous aimeriez vous qu’on vous juge comme ça ? Qu’on vous mette dans une case ? D’ailleurs, êtes-vous certaine que l’image que vous vous faites de l’homme idéal est réellement celle qui vous correspond ? Celle qui vous élève ? Celle qui vous amène à être pleinement épanouie ?


J’ai l’exemple de ma sœur. A 31 ans, elle a accepté de prendre un verre avec un homme, alors qu’elle avait une autre personne en tête. Elle a donc pris ce verre. L’homme en face ne l’intéressait absolument pas. Oui mais elle a osé, elle a accepté. Eh bien aujourd’hui, ils sont mariés et ils ont quatre enfants. Cela vous semble peut-être facile, mais c’est la réalité.


Apprenons à aimer chacun, choisissons d’aimer chacun, et ne mettons personne dans une case. Aimer chaque personne. Chaque rencontre. Chaque discussion et chaque amitié nous offrent cette possibilité d’aimer. Alors exerçons-nous. Tentons de déceler dans chaque personne ce qu’il y a de bon, de beau, de nouveau. Ouvrons nos horizons, élargissons notre vision du monde, savourons d’autres points de vue. Et vivons ! Au lieu de rester bien sagement assise à attendre qu’un homme qui remplisse tous "nos" critères nous tombe dessus. Car il ne nous tombera pas dessus.

Vivons. Vivons pleinement. Osons construire, nous tromper, tentons des choses, montrons des signes si quelqu’un nous plait, et n’attendons pas pendant des années qu’il se déclare. Nous pouvons l’aider ! Les hommes ont autant peur que nous. Alors allons-y ! Avec de la délicatesse. Et acceptons de tenter et de nous tromper.


Je vous propose de vivre chacune de vos rencontres avec ces yeux d’ouverture. Ce regard d’amour. En tentant de voir en chacune des personnes que vous rencontrerez ce qu’il y a de beau. Ce que ces personnes cachent. Ce qu’elles ont à vous apprendre. Ce qui est bon en elles. Et de ne plus écouter les jugements hâtifs que vous posez. Mais d’aimer simplement.


Voici donc un petit exercice : réfléchissez à une personne de votre entourage avec qui les relations ne sont pas évidentes. Il peut s’agir de votre coloc, de votre collègue ou même de votre maman.


Pensez à cette personne.


Et maintenant regardez ce que cette personne a de bon. Ce qu’elle a de juste. Regardez ce que cette personne a pu vous apprendre, vous offrir, vous donner. Et si c’est possible, alors contactez cette personne et ne regardez pas "l’agacement" que ça peut susciter en vous. Mais regardez simplement sa vision du monde. Ce qui se cache de bon et de positif.


Puis notez ce que ça vous fait. De voir les qualités de cette personne.


Et retentez l’expérience. Dès qu’une personne vous agace. Dès que vous mettez une personne trop vite dans une case négative. Tentez systématiquement de voir ce qui est bon chez elle.


Et comme ça, vous apprenez à aimer.

Marie-Liesse

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