J'ai du mal à parler de moi...


Hier, je discutais avec un ami. Il me raconte qu’il était sur un marché samedi dernier, pour créer du lien avec les gens. Il proposait de discuter, tout simplement, avec les passants. Et là, il a été confronté à la violence des refus. La violence de la peur. La violence de chaque "je n’ai pas le temps".


Sommes-nous dans un monde où nous n’avons pas le temps de rencontrer, de discuter, de découvrir et d’aimer ceux qui nous entourent ? Ou bien sommes-nous dans un monde où nous avons peur des autres, peur de l’inconnu et de la différence, peur de nous faire avoir ?

J’ai surtout l’impression que nous sommes bien confortablement assises dans notre canapé, bien logées dans un appartement tout confort. Et que nous finissions par nous suffire à nous-mêmes. Car dès qu’il s’agit de créer du lien avec des inconnus, c’est souvent difficile. Ou en tout cas pas aussi simple qu’à l’époque de nos grands-parents.

Et avec ceux qui nous entourent, sommes-nous capables de créer du lien ? De nous montrer telles que nous sommes avec authenticité et vérité ? De dire que nous connaissons très bien chacune de nos fréquentations ?

Pour vous aider à répondre je vais vous donner un pourcentage : 3%.

3% c’est ce que l’on perçoit de l’autre lorsqu’on parle avec lui pour la première fois. C’est ce qu’on a réussi à capter de lui. Et souvent on reste sur ces 3% en imaginant que l’autre n’a rien d’intéressant ou de plus à nous apporter. C’est triste non ? Parce qu’il nous reste pourtant 97% de cette personne à découvrir ! 97% de cette personne qui pourront nous toucher, nous émouvoir, nous plaire, nous révéler, nous interroger. 97% d’un autre que nous avons croisé une fois ou deux, mais qui ne nous a rien révélé de lui. Alors pourquoi ne pas aller à la découverte de ces 97% restants ? Et y aller sans préjugés, sans attentes, sans projections. Juste choisir d’entrer en contact, de créer du lien.


Je suis certaine qu’autour de vous il y a énormément de monde. Des hommes, des femmes, des voisins, des collègues, des connaissances, des commerçants, des amis, des cousins, des personnes qui partagent vos passions. Et toutes ces personnes, vous les croisez. Elles vous croisent. Et ça s’arrête là. Aucun lien particulier. Aucune émotion nouvelle. Rien de plus ne se passe dans vos échanges. Et d’ailleurs malgré toutes ces personnes qui vous entourent, vous vous sentez souvent seules. Alors, vous cherchez absolument à rencontrer. A vous gaver de nouvelles rencontres. A voir de nouvelles têtes. En imaginant trouver le remède de votre solitude. Mais pourquoi ne pas au contraire aller à la découverte des 97% de ceux qui vous entourent ? Car un futur ami, un futur copain ou un futur conjoint est certainement déjà dans votre entourage. Dans vos cercles. Dans vos fréquentations.


Alors comment aller toucher à ces 97% ? Eh bien, simplement en dévoilant votre être et en touchant à l’être de l’autre.


Je vous donne un exemple.

Une femme a une énorme cicatrice sur la cuisse qu’elle n’assume pas. Qu’elle souhaite cacher. Car elle se trouve moche. Elle a peur du rejet. Et ça lui rappelle une histoire de son passé qu’elle a envie d’oublier. Un jour, alors qu’elle est en vacances, elle se retrouve à devoir se mettre en maillot de bain. Et là elle a deux choix.

  • Soit elle a peur des réactions, des pensées et des questions des gens, auxquelles elle ne veut vraiment pas répondre. Car elle ne veut pas qu’on la juge, la critique ou s’immisce dans son passé. Dans ce cas, elle trouvera un subterfuge pour ne pas aller à l’eau. Ou elle ira se cacher loin pour profiter de la baignade. Mais elle n’osera JAMAIS se mettre en maillot de bain devant les autres. Pour ne pas montrer qui elle est.

  • Soit, elle a peur des réactions mais se sent prête à assumer cette part d’elle-même. Si on lui pose des questions, elle racontera avec émotion cette période de sa vie, qui a fait d’elle ce qu’elle est. Dans ce cas elle ira, comme tout le monde, profiter de la baignade. En se montrant en vérité. En parlant de sa cicatrice sans stress, sans imaginer ce que les autres vont penser. Mais en acceptant cette cicatrice comme faisant partie d’elle, de sa personne, de son être, de son intimité, et donc de son histoire.


Lorsqu’on cache ce qui nous embête. Lorsqu’on ne veut pas parler de notre intimité. Nous restons dans des relations superflues. Dans des relations sans émotions. Dans des relations factuelles, ou banales. Mais n’a-t-on pas envie de créer des liens qui nous laissent le lendemain une certaine saveur, un certain mystère et donc l’envie d’approfondir encore plus ? Car c’est en montrant notre sensibilité, nos émotions et notre sincérité qu’un vrai lien se crée. Que la relation débute. Que l’amitié commence.


En tant que femmes, nous avons tendance à cacher nos imperfections. Qu’elles soient physiques ou qu’elles soient vécues. Et pourtant, c’est elles qui vous ouvriront à l’amour. Montrez vos défauts, parlez de vos échecs avec du recul, mettez des émotions dans ce que vous dites. Partagez votre vision du monde avec les autres. Et c’est là que la magie, c’est là que la spontanéité, c’est là que le mystère et la vérité de votre ÊTRE se révéleront.


Osez parler de vous, de votre intimité, de vos blessures, de vos peurs, de vos désirs profonds… sans penser que vous paraîtrez ridicules, ou pas assez "bien". Car au contraire, c’est précisément LÀ que vous serez splendides !


Pour celles qui vivent le couvre-feu, profitez-en pour être créatives, créer du lien, renouer ou débuter des amitiés (dans l’immeuble, dans la rue, à partir de 19h, le samedi après-midi, avec des personnes croisées à votre boulot, ou même à la table d’un café)… Et tout ça en parlant de vous ! Allez-y !


Et pour vous aider à montrer votre vérité, aidez-vous de ces questions :

- Qu’est ce que dans ma vie je souhaite cacher à tout prix ?

- Et si je parlais de ce/ces sujet(s) avec recul et émotion, qu’est-ce que ça ferait à l’autre ?

- Pourquoi ne pas tenter d’en parler avec quelqu’un que je ne connais pas ou peu, et voir sa réaction ?

Car en parlant de vous, en vous montrant telles que vous êtes réellement, les autres en face en feront autant, et vous nouerez ainsi de belles et profondes amitiés.


Belle semaine,


Marie-Liesse



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