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Et un jour, il faut poser un choix


poser un choix amoureux, choisir c'est renoncer, mais choisir c'est se libérer !

Cela fait des années que ma vie se remplit, se vide, se re-remplit, d’amitiés, de rencontres, de divertissements. Comme une consommation que me propose ce monde et dans lequel j’ai accepté d’évoluer.


Vous voyez, par exemple, l’amitié a une valeur très importante pour moi. Aussi, depuis le lycée (et même avant), je me suis entourée de personnes solides, aimantes, fiables, fidèles. Qui m’ont fait grandir, m’ont aidé à me dévoiler, m’ont aimé telle que je suis. Ces personnes m’ont aussi challengée, appris à me dépasser, ouvert de nouveaux horizons. Ces amis ont été présents dans les moments douloureux, les deuils, mais aussi dans les grandes joies. Ces amis sont là depuis des années et j’ai la chance de les avoir encore dans ma vie.


Sauf que, même si ce sont des amis chers, j’ai eu besoin un jour de couper le cordon. Besoin d’abord pour les encourager à avancer et à ne pas rester dans un entre-nous stérile. Besoin aussi parce que j’avais envie de découvrir la richesse de la vie, des autres et des rencontres. Et c’est ainsi qu’alors que nous commencions à travailler, j’ai posé de nouvelles règles pour m’émanciper.


Pour cela, je me suis rapprochée de personnes croisées de part et d’autre et que je connaissais peu. Je me suis attachée à elles. Nous nous sommes apprivoisés, avons passé de plus en plus de temps ensemble et avons fini par devenir proches. Et puis par ces amitiés, m’ont été proposés des voyages, des croisières, des sorties. J’ai donc ouvert mes horizons et découvert de nouvelles personnes. Mais aussi, j’ai découvert des opinions, des façons de vivre et de voir la vie bien différentes de la mienne et ça a été une sacrée richesse. C’était joyeux, nouveau, ça m’envoyait des étoiles plein les yeux. Je vivais presque un rêve éveillé parce que je découvrais autre chose.


Ce temps faisant, mes amis de cœur, ceux du lycée, ont aussi élargi leurs horizons et ont rencontré une jolie nana, un beau mec… pour finir par définitivement « se caser ». Et moi, je continuais mon petit bonhomme de chemin, me disant que plus je rencontrais de personnes, plus j'aurais du choix, et surtout plus j’aurai la chance de rencontrer un homme qui voudra bien partager sa vie avec moi.


Illusion.


J’ai passé des années à me faire de nouveaux amis malgré mes peurs et ma timidité. Et je les ai tous vu, au fur et à mesure, se caser, me laissant systématiquement sur le banc de touche. Et moi, avec toute la bonne volonté du monde, je continuais à élargir mes cercles, à creuser et déployer toute mon énergie pour rencontrer du monde, créer de belles relations et nouer de nouveaux liens. Ah, j’en ai passé du temps à faire des rencontres ! Et quand je regarde en arrière, je peux vous dire que j’ai un sacré paquet d’amis ! Ce n’est pas pour me vanter, c’est plus pour appuyer les propos qui vont suivre.


En passant ma vie à ouvrir mes horizons, dans l’espoir de rencontrer quelqu’un, j’ai en fait passé mon temps à chercher quelque chose que je ne pouvais pas obtenir. Pourquoi ? Parce que la plupart des rencontres et relations que j’ai construites, ont été futiles, rapides, fausses, passagères. Non que les gens n’avaient pas d’intérêt, mais plutôt que je ne leur donnais pas la valeur qu’ils méritaient. Je cherchais en fait au fond de moi à rencontrer quelqu’un et j’étais toujours déçue parce que ça n’arrivait pas. J’arrivais à une soirée avec un petit espoir et là, personne ne semblait à mon goût. Je partais en vacances une semaine avec des inconnus et personne ne sortait du lot.


Plus j’avais le choix, moins j’allais rencontrer l’autre. Je restais sur une façade, une étiquette que j’avais soigneusement posée sur l’autre, sans aller découvrir réellement qui il était. "Ah, tu es notaire ! (c’est chiant comme métier) ». « Ah, tu habites Paris et tu veux y rester toute ta vie ? (ce sera sans moi) ». « Ah, tu rêves d’être père au foyer ? (moi j’ai envie d’arrêter de bosser donc c’est mort) » . Et je passais mon temps à chercher dans ces rencontres ce que je voulais moi-même compléter dans ma vie. En fonction de l’image que j’avais moi-même de l’homme avec lequel je devais être.

Et à force de rencontrer, de multiplier, de comparer… à force aussi de rester bien bloquée sur ma petite idée de ce qui était bon pour moi, je n’allais en vérité absolument pas rencontrer les gens ! Je tentais de les faire coïncider avec ce que je voulais. Je tentais de les faire rentrer dans mon univers. Et comme j’avais le choix… eh bien, je ne choisissais pas.


S’il y a une grande leçon que je retiens de toutes ces années c’est que plus on a le choix, moins on choisit. « Ah, mais il lui manque ça ! Si je pouvais prendre son physique à lui et ses qualités à lui, et ses croyances à lui, alors ce serait parfait ! ». Oui, mais ça ce n’est pas la réalité ! Nous ne pouvons pas choisir sur commande. Nous ne pouvons pas choisir en fonction de ce que sait faire l’autre, de ce qu’il possède ou de son physique. La seule chose qui doit dicter notre cœur, c’est son ÊTRE ! Qui est-il ? Que cache-t-il ? Comment est-il dans le monde ? Que donne-t-il au monde ? Par quoi est-il passé ? Comment s'en est-il sorti ? Qu’a-t-il envie de construire ? Quelles sont ses valeurs ? Mais pour savoir tout ça, il faut aller creuser, aller déterrer ce qui est caché, aller révéler ce qui est enfoui et tout ça sans attente !


Aussi, si j’avais compris ça plus tôt, je crois que j’aurai pris le temps non pas de me gaver de rencontre, mais d’approfondir chacune de celles que j’ai eu la chance de faire. Avec tous ceux qui sont là, juste dans mon quotidien. En élargissant mes cercles, c’est certain, mais en prenant le temps de les élargir. En sortant de la consommation à tout prix, mais en allant chercher la qualité. Car c’est en allant chercher la vérité de l’autre, qu’on se rend compte de sa qualité.


Choisir, c’est difficile. Mais poser un choix quand on a trop de choix, c’est encore plus dur. Et c’est pourtant ce que nous vivons quotidiennement dans notre société. Nous ne savons plus choisir déjà entre 2 restaurants, entre 3 manteaux, entre 4 téléphones. Alors comment pouvons-nous choisir une seule personne ?


Je vous encourage aujourd’hui à oser poser des choix simples dans votre vie. À vous astreinte à respecter vos engagements. À aller au bout des choses dans chaque relation, discussion, rencontre, projet. À mettre du sens dans ce que vous faites. À oser poser des questions, déranger, approfondir. Et à regarder les autres tels qu’ils sont et non pas tel que vous voudriez qu’ils soient. Osez faire des rencontres de qualité. Sortez de la mondanité à tout prix. Mais osez regarder ceux qui vous entourent, car très concrètement, c’est dans vos entourages qu’il y a les meilleurs crus. Concentrez-vous sur l’ÊTRE de l’autre, des autres. Laissez-vous chambouler, déranger, émerveiller par la différence de l’autre. C’est là que vous devez mettre votre énergie ! Un couple fonctionne dans la complémentarité, dans la recherche d’une vision du monde plus grande, dans la sincérité de ce que l’on est. Donc allez à corps perdu voir ce que cache l’autre, sans attente, sans jugement. Allez juste découvrir sa vérité et sa sincérité. Pour enfin, poser un choix !


Marie-Liesse




1 opmerking


Merci pour ce très vrai et très bel article !! Je me retrouve tellement dedans ! Merci Marie-Liesse pour cette franchise et cette réflexion. À nous de creuser bien plus que ce que nous pensons faire dans nos relations nombreuses et "rapides" au final, oui !

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