De quoi je me mêle ?



Avez-vous remarqué que certaines personnes sont freinées lorsqu’elles demandent l’avis des autres ? Avez-vous senti une pression dès que vous changiez un tout petit peu les règles du jeu ? Vous êtes-vous déjà retrouvé au milieu d’un cercle de personnes ayant des opinions politiques communes, et vous avec votre "différence" vous n’osiez pas ouvrir la bouche ? Etes-vous déjà arrivé dans un nouveau travail où l'ont vous a parlé de ce collègue à ne surtout pas approcher ?


Cette pression qui freine et enferme, qui empêche d’être soi, qui bloque la spontanéité, s'appelle le REGARD DES AUTRES.


Savez-vous que ce regard est un obstacle dans la vie de beaucoup de personnes ? Qu’il empêche d’avancer, de se livrer, et d’être totalement soi ? Qu’il enferme, isole, et surtout bloque la créativité ?


C'est un poison. Personnellement il m’arrive de ne pas dire ce que je pense, de laisser mon opinion de côté, tout ça pour plaire à la majorité, pour rentrer dans un moule, pour éviter le conflit. Avoir les mêmes croyances, les mêmes idées, les mêmes désirs et finir par être entouré de personnes qui se ressemblent, pensent la même chose et aiment les mêmes choses. Ça vous tente ?


Vous pensez qu’avec ça le monde peut devenir plus beau ?


Quand j’étais en troisième je suis allée habiter 3 mois au Canada, en échange dans une famille, pour apprendre l’anglais. J’ai été marquée par l’absence de jugement des autres. Ma correspondante pouvait venir en pyjama à l’école, personne ne la jugeait. Les fringues, marques, styles de vêtements "à la mode", ça n’existait pas. Il y avait une vraie liberté d’expression et de pensée. Et donc une confiance presque aveugle dans l’autre. Ça a été une belle respiration. Un ancrage dans ma vie. Ça m’a prouvé que les gens pouvaient vivre ce qu’ils voulaient vivre sans être critiqués, que c’est possible. Et c’est toujours resté gravé en moi. Alors pourquoi ne pas essayer d’atteindre ce non jugement ?


Dans ce regard, il y a selon moi deux facettes :

  1. le regard que "j’imagine" que les autres posent sur moi, qui me pèse, et qui m’empêche d’être moi-même. On trouve ici cette incapacité de lâcher prise, comme par exemple danser au milieu d’inconnus.

  2. le regard que "j'entends" que les autres posent sur moi, par des paroles, des jugements qui reviennent à mes oreilles. On trouve ici l'inconfort quand une histoire nous concernant revient à nos oreilles.

C’est ce deuxième point que je souhaite aborder aujourd’hui. Ce regard qui abaisse, qui enfouit et surtout qui n’élève personne : ni eux, ni nous. Ce regard que nous pouvons stopper, par simple volonté. Choisir tous ensemble d’arrêter nos jugements, nos critiques, d’arrêter de nous mêler de ce qui ne nous regarde pas. De laisser les personnes qui nous entourent vivre leur vie comme ils l’entendent.


Un couple d’amis m’a annoncé récemment qu’ils étaient ensemble depuis quelques mois. A vrai dire je les avait "grillés". Et je m'étais demandé si je devais faire une remarque. Mais je me suis retenue. Quand ils me l’ont dit, ils étaient sûrs d’eux, de leur relation, sûrs de ce qu’ils vivaient, et avaient la volonté et le désir de le partager.  Même si je les avais grillés, je n’ai pas essayé "à tout prix" de leur faire dire les choses. J'ai hésité, mais je les ai laissés vivre ce qu’ils avaient à vivre. Construire ce qu’ils avaient à construire. Je ne me suis pas immiscée dans leur histoire. Au final j'ai été très heureuse de l'entendre de leur bouche, de partager leur bonheur et de les avoir laissé libre.


Ça peut être pareil pour une femme enceinte.


Une femme est enceinte. Elle souhaite attendre d’être à son troisième mois pour l’annoncer. C’est conseillé, et surtout c’est son choix, et celui de son couple. Mais combien de fois n’entend-t-on pas une réflexion du genre "tu ne bois pas t’es enceinte ?". Pas très fin. Pas du tout respectueux. Mais surtout, avec ce genre de réflexion vous n’imaginez pas le stratagème que certains couples sont prêts à mettre en place pour ne pas que ça se sache : faire boire doublement l’homme pour "cacher" cette bonne nouvelle. Pourquoi la cacher ? Et bien ça les regarde ! Attendons qu’ils soient prêts à nous l’annoncer !


Pourquoi passer son temps à parler des autres ? Pourquoi vivre la vie des autres par procuration ? Parce que sa propre vie n’est pas suffisamment riche, belle, pleine de nouveautés ? J’en doute. Nous avons en nous toutes les cartes, les aptitudes, et les possibilités d’avoir une vie épanouie, riche et en mouvement.


Alors est-ce que les gens s’ennuient ?


Hier, je prenais un verre avec une amie, et elle me racontait qu’à la soirée de la veille une pote c’était fait draguer par un mec pas trop connu. Elle m’a raconté comment ça avait enflammé les potins et les ragots en 2 secondes. Et là je me suis dis : et elle, où est sa liberté si tout le monde parle sans lui laisser vivre son histoire ? Si tout le monde lui demande "alors tu l’as revu ? Alors t’as des nouvelles ?". C’est sûr que c’est drôle, que ça fait des choses à raconter mais est-ce que les livres, les films, les politiciens ne sont pas là pour nous divertir ?


On ne sait pas ce qui se passe dans le coeur des gens. On est bien enfermé dans notre tête, dans nos suppositions, dans nos imaginaires, mais est-ce que ça nous arrive de nous mettre à la place des autres ? Imaginer qu’ils ont peut être besoin de temps pour construire, accueillir, digérer ou même accepter une nouvelle ?


Dans mes voyages sésame quand une femme n’arrive pas à sortir d’une situation, je lui dis de se mettre à la place de l’autre. Aussi maintenant je vous propose de vous mettre à la place de cet ami, de ce collègue, de votre frère que vous avez maqué, marié, mis enceinte ou isolé. Si c’était vous qui étiez à sa place ?


Nous ne sommes pas tous libres face au regard des autres. Pour certain ça ne pose aucun problème, ils ont une vraie liberté et sont capables de dépasser les jugements. Pour d'autres c'est plus compliqué, ils ne savent pas être libres, vrais, eux-même car ils ont peur de se révéler, d’exister, de déplaire.


Je pense notamment qu’une des raisons qui empêche une histoire d’amour de fonctionner, c’est ce regard, qui est une pression. Et beaucoup sont tellement enfermés par ce regard qu’ils construisent leur couple, leur boulot, leur vie à l’image de ce que les autres attendent d’eux ou à l’image de ce qui est censé convenir. Sans écouter ce qu’ils sont et en niant leurs désirs profonds.


Vous l’aurez compris, le regard des autres peut "pourrir", "détruire" et "immobiliser" une personne.


Arrêtons de mettre les gens dans des cases. De leur faire vivre la vie que nous imaginons belle pour eux. De nous occuper de ce qui ne nous regarde pas. Avant de parler des autres mettons nous à leur place en nous demandant si nous aimerions qu’ils fassent la même chose. Réjouissons nous quand des bonnes nouvelles arrivent. Et soyons simplement présents s’il s’agit d’une mauvaise nouvelle. Laissons les gens vivre leur vie. Et être heureux. Laissons les libres. Avec cette liberté le monde sera plus beau. Nos relations seront plus riches, et surtout nous oserons vivre la vie que vous souhaitons vivre.


Je vous souhaite de pleinement vivre votre vie, de vous détacher de ce que les autres pensent et d’oser vous mettre en danger pour être pleinement heureuse.


Partante ?


Marie-Liesse



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